L'Océanie fait rêver et circule beaucoup dans les classements de « pays où l'on paie moins d'impôts ». Il faut commencer par corriger une idée fausse qu'on lit régulièrement : non, la région ne fonctionne pas sans fiscalité d'État, et non, les prélèvements n'y sont pas fixés par les propriétaires terriens. L'Australie et la Nouvelle-Zélande disposent d'administrations fiscales solides, avec un impôt sur le revenu progressif et une collecte informatisée.
Pour un Français qui envisage de s'installer dans la région, la vraie question n'est pas « où le taux est-il le plus bas ? » mais « existe-t-il une convention fiscale avec la France, et que restera-t-il imposable en France ? ». C'est ce que nous détaillons ici.
Les seuls territoires d'Océanie liés à la France par une convention
La liste officielle des conventions fiscales conclues par la France ne recense, pour cette région, que deux États et deux collectivités françaises :
- Australie — convention du 20 juin 2006, en matière d'impôt sur le revenu ;
- Nouvelle-Zélande — convention du 30 novembre 1979 ;
- Nouvelle-Calédonie — convention des 31 mars et 5 mai 1983 (revenu, successions, donations, droits d'enregistrement) ;
- Polynésie française — convention des 28 mars et 28 mai 1957, limitée aux impôts sur les capitaux mobiliers.
Source : BOFiP, BOI-ANNX-000306, liste des conventions fiscales conclues par la France, version du 29/04/2026.
Autrement dit : Fidji, le Vanuatu, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Samoa, les Îles Cook ou Nauru n'ont aucune convention fiscale avec la France. Ce n'est pas un détail administratif. Sans convention, rien n'organise le partage du droit d'imposer entre les deux pays : le risque de double imposition est réel, et l'élimination éventuelle dépend alors uniquement du droit interne de chaque État. Un taux affiché à 0 % dans un paradis fiscal insulaire peut se solder par une addition plus lourde qu'un pays conventionné à 30 %.
Australie : un barème progressif classique
L'Australian Taxation Office applique aux résidents un barème progressif : aucune imposition jusqu'à 18 200 AUD, puis 15 %, 30 %, 37 % et 45 % au-delà de 190 000 AUD, pour l'année fiscale 2026-2027. À cela s'ajoute la Medicare levy de 2 %, qui finance le système de santé et n'est pas comprise dans ces taux. Source : Australian Taxation Office, barème des résidents, mis à jour le 12/08/2026.
On est loin du paradis fiscal. L'attractivité australienne pour un expatrié français tient plutôt au niveau des salaires et à la convention de 2006, qui organise proprement le partage de l'imposition.
Nouvelle-Zélande : cinq tranches, de 10,5 à 39 %
Depuis le 1er avril 2025, l'Inland Revenue applique cinq tranches : 10,5 % jusqu'à 15 600 NZD, 17,5 % jusqu'à 53 500 NZD, 30 % jusqu'à 78 100 NZD, 33 % jusqu'à 180 000 NZD, puis 39 % au-delà. Source : Inland Revenue (ird.govt.nz), taux applicables aux personnes physiques.
Le pays est connu pour l'absence d'un impôt général sur les plus-values, mais des règles spécifiques encadrent la revente rapide de biens immobiliers : faites vérifier votre situation par un conseil local avant d'y investir.
Nouvelle-Calédonie et Polynésie française : le cas particulier des collectivités
C'est la situation la plus mal comprise, et pourtant la plus fréquente chez nos clients. Ces territoires sont français, mais fiscalement autonomes : ils votent leur propre fiscalité, et leurs relations avec la métropole sont réglées par des conventions, exactement comme avec un État étranger. S'installer à Nouméa ou à Papeete, ce n'est donc pas rester dans le système fiscal métropolitain — mais ce n'est pas non plus quitter la France au sens administratif.
Conséquence pratique : la convention applicable détermine où sont imposés vos revenus, et le régime des successions et donations diffère selon le territoire (la convention avec la Nouvelle-Calédonie les couvre, celle avec la Polynésie française ne porte que sur les capitaux mobiliers). C'est typiquement le point à faire vérifier avant un départ, et non après.
Ce qui reste imposable en France, où que vous soyez en Océanie
Quel que soit le territoire choisi, vos revenus de source française restent imposables en France. Pour un investisseur, cela signifie : loyers d'un bien situé en France, plus-values immobilières françaises, et un taux minimum d'imposition de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable puis 30 % au-delà pour les revenus 2025, sauf demande du taux moyen mondial s'il est plus favorable (impots.gouv.fr, mis à jour le 26/02/2026).
S'y ajoutent les prélèvements sociaux : 17,2 % en location nue et 18,6 % en location meublée pour un résident d'Océanie, puisque l'exonération de CSG-CRDS — qui ramène le prélèvement à 7,5 % — est réservée aux personnes affiliées à un régime de sécurité sociale de l'Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni (impots.gouv.fr). C'est un écart de près de dix points sur vos loyers français, et il pèse plus lourd, dans la durée, que la différence de barème entre Sydney et Auckland.
Notre lecture, après plusieurs dossiers depuis le Pacifique
Les expatriés français que nous accompagnons dans cette région ne sont presque jamais partis pour des raisons fiscales : ils ont suivi un poste, un conjoint, un projet de vie. La fiscalité arrive après, comme une contrainte à organiser. Et dans ce cas, le patrimoine immobilier français joue un rôle particulier : c'est l'élément qui ne bouge pas quand tout le reste change de pays, avec des règles connues et publiées.
Le décalage horaire, lui, ne se négocie pas : entre la Nouvelle-Calédonie et la métropole, il y a dix heures d'écart. Signer, visiter, suivre un chantier depuis le Pacifique demande une organisation dédiée — c'est exactement ce que couvre notre accompagnement des expatriés qui investissent en France.
Les règles fiscales évoluent et dépendent de votre situation personnelle : faites valider votre projet par un avocat fiscaliste ou un expert-comptable avant toute décision d'installation.
Y a-t-il une convention fiscale entre la France et le Vanuatu ?
Non. Le Vanuatu ne figure pas dans la liste des conventions fiscales conclues par la France (BOFiP, avril 2026). En l'absence de convention, rien n'organise le partage du droit d'imposer entre les deux pays.
Un Français installé en Nouvelle-Calédonie est-il non-résident fiscal ?
La Nouvelle-Calédonie est fiscalement autonome et ses relations avec la métropole sont régies par une convention de 1983. Votre situation dépend donc de cette convention, et non des seules règles métropolitaines.
Mes loyers français sont-ils imposés si je vis en Australie ?
Oui. Les revenus d'un bien situé en France restent imposables en France, avec un taux minimum de 20 % (30 % au-delà de 29 579 € pour les revenus 2025) et des prélèvements sociaux de 17,2 % en location nue ou 18,6 % en location meublée.
Sources utilisées pour cet article
- BOFiP, BOI-ANNX-000306, « Liste des conventions fiscales conclues par la France », version du 29/04/2026.
- Australian Taxation Office, barème d'imposition des résidents, mis à jour le 12/08/2026.
- Inland Revenue (Nouvelle-Zélande), taux d'imposition des personnes physiques applicables depuis le 01/04/2025.
- impots.gouv.fr, taux minimum d'imposition des non-résidents (mis à jour le 26/02/2026) et prélèvements sociaux des non-résidents.
Page mise à jour le 26 août 2026. Les barèmes étrangers cités relèvent du droit de chaque pays et évoluent : vérifiez-les auprès de l'administration concernée avant toute décision.