Qu'est-ce qu'un mandat de gestion locative ? — définition et clauses essentielles pour un propriétaire non-résident
Le mandat de gestion locative est le contrat écrit par lequel un propriétaire confie à un professionnel l'administration de son bien loué : mise en location, encaissement des loyers, quittances, relances, états des lieux, suivi technique et compte rendu de gestion. Il doit préciser l'étendue des pouvoirs du gestionnaire et l'autoriser expressément à recevoir des fonds (article 64 du décret du 20 juillet 1972), fixer les modalités de la reddition de comptes — au moins annuelle — et les conditions de détermination de la rémunération. Pour un propriétaire non-résident, quatre clauses non imposées par la loi font toute la différence : le plafond de dépense sans accord préalable, la périodicité réelle du compte rendu, le canal de validation à distance, et l'étendue exacte du pouvoir de signer.
La définition, en une phrase
Un mandat de gestion locative est un contrat écrit par lequel vous, propriétaire, donnez à un professionnel titulaire d'une carte professionnelle portant la mention « Gestion immobilière » le pouvoir d'administrer votre bien loué en votre nom et pour votre compte — encaisser les loyers, quittancer, relancer, entretenir, rendre compte — moyennant des honoraires dont le mode de calcul est fixé au mandat.
Deux conséquences juridiques en découlent, et elles jouent en votre faveur. D'abord, le gestionnaire manie votre argent : c'est pour cela que la loi lui impose une garantie financière à laquelle il ne peut pas se soustraire. Ensuite, ses pouvoirs sont limités à ce que le mandat écrit lui donne : tout ce qui n'y figure pas, il n'a pas le droit de le faire — ni signer, ni engager une dépense, ni facturer. Le mandat n'est donc pas une formalité d'entrée en relation, c'est la liste exhaustive de ce que quelqu'un pourra faire de votre bien pendant que vous serez à dix mille kilomètres.
Une précision utile, parce qu'elle circule beaucoup à l'envers : aucun texte n'impose au gestionnaire locatif un compte bancaire séparé par mandant. L'obligation de compte spécialement affecté de l'article 55 du décret du 20 juillet 1972 ne vise que le titulaire de la mention « Transactions », et le compte ouvert au nom de chaque mandant de l'article 71 ne joue que lorsque la garantie financière résulte d'une consignation — hypothèse rare en pratique. Le cantonnement de vos loyers est donc une question à poser et une clause à négocier, pas un acquis légal.
C'est le document que nos clients survolent le plus, et je le comprends : il arrive au moment où le bien est trouvé, où l'on a hâte que ça tourne. Depuis la Thaïlande, j'ai pris l'habitude inverse — relire le mandat à l'écran, en visio, ligne à ligne, avant toute signature. Les deux questions qui reviennent presque toujours sont les mêmes, et aucune n'est traitée par les mandats types : à partir de quel montant est-ce qu'on me demande mon accord avant d'engager des travaux, et sous quel délai suis-je censé répondre quand je dors pendant que la France travaille ? Ce sont deux lignes à ajouter. Elles ne coûtent rien et elles évitent l'essentiel des malentendus.
Ce que la loi impose dans un mandat de gestion locative
Le mandat de gestion relève d'un régime distinct de celui du mandat de recherche : la gestion immobilière est visée au 6° de l'article 1er de la loi Hoguet, quand l'achat et la location relèvent du 1°, et le décret de 1972 leur consacre deux chapitres différents. C'est la première source d'erreurs sur le sujet, y compris chez les professionnels. Voici ce qui s'impose réellement — l'absence de ces mentions ne vous coûte rien : depuis l'arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation du 20 septembre 2017, rendu précisément à propos d'une gestion locative, le non-respect du formalisme du mandat est sanctionné par une nullité relative, que vous seul pouvez invoquer. Tableau à jour au 11 août 2026.
| Ce que la loi impose | Texte de référence | Ce que ça change pour vous |
|---|---|---|
| Un mandat écrit précisant l'étendue des pouvoirs du gestionnaire et l'autorisant expressément à recevoir loyers, charges, indemnités d'occupation, cautionnements et avances sur travaux | Art. 64, décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 | Sans cette autorisation écrite, le gestionnaire n'a pas qualité pour encaisser vos loyers |
| Trois mentions écrites imposées : les conditions dans lesquelles il peut recevoir ou remettre des fonds, les modalités de la reddition de compte, les conditions de détermination de la rémunération et l'indication de qui la paie | Art. 6, I, loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 (loi Hoguet) | Les trois sujets qui fâchent — l'argent, les comptes, les honoraires — doivent être noir sur blanc |
| Une reddition de comptes qui doit intervenir au moins tous les ans, et dont les conditions sont précisées au mandat | Art. 66, al. 1, décret n° 72-678 ; art. 1993 du code civil | Le plancher est annuel : un compte rendu mensuel est un choix commercial, pas une obligation — faites-le écrire |
| Aucune autre rémunération que celles dont les conditions de détermination figurent au mandat, ni versée par d'autres personnes que celles qui y sont désignées | Art. 66, al. 2, décret n° 72-678 | Un frais absent du mandat n'est pas dû : c'est votre meilleur argument sur un relevé de gestion |
| Des effets limités dans le temps, à peine de nullité | Art. 7, loi n° 70-9 ; art. 1210 du code civil (prohibition des engagements perpétuels) | Un mandat de gestion sans terme est nul — la durée se lit avant de signer |
| Si vous n'agissez pas dans le cadre d'une activité professionnelle : mention lisible et visible des modalités de non-reconduction du contrat | Art. 7, 1°, loi n° 70-9, renvoyant à l'art. L215-1 du code de la consommation (ancien art. L136-1) | À défaut d'information, vous pouvez résilier gratuitement à tout moment à compter de la reconduction |
| Une carte professionnelle portant la mention « Gestion immobilière », délivrée par le président de la chambre de commerce et d'industrie et valable trois ans | Art. 3, loi n° 70-9 ; art. 1er, 2° et art. 80, décret n° 72-678 | La mention « Gestion » est distincte de la mention « Transactions » : une carte T seule ne suffit pas pour gérer |
| Une garantie financière d'au moins 110 000 € — ramenée à 30 000 € les deux premières années d'exercice — dont un gestionnaire ne peut jamais se dispenser, et calculée séparément par activité | Art. 3, 2°, loi n° 70-9 ; art. 26, 30 et 32, décret n° 72-678 | La faculté de déclarer ne détenir aucun fonds est expressément fermée à la gestion : exigez l'attestation, et vérifiez qu'elle vise bien la gestion |
| Le numéro d'inscription au registre des mandats, reporté sur l'exemplaire du mandat qui reste en votre possession | Art. 65, décret n° 72-678 | Son absence rend le mandat annulable à votre seule initiative |
| Des versements limités au montant de la garantie accordée, et — uniquement lorsque la garantie résulte d'une consignation — des fonds déposés sur un compte ouvert au nom de chaque mandant, dans les trois jours francs | Art. 36 et art. 71, décret n° 72-678 | Attention : dans le cas courant d'une garantie donnée par un assureur ou une caisse de garantie, aucun compte dédié n'est imposé — demandez comment vos loyers sont cantonnés |
| Pour tout versement afférent à une location nouvelle (cautionnement, loyer payé d'avance), un avis au bailleur par lettre recommandée ou par écrit contre récépissé, au plus tard dans les huit jours de la remise des fonds | Art. 67, décret n° 72-678 | Vous savez sous huit jours que des fonds ont été encaissés pour votre compte. Ce n'est pas une obligation d'information sur la mise en location elle-même : celle-là se contractualise |
| Un barème d'honoraires affiché toutes taxes comprises, en prix maximums, avec l'indication de qui les paie — la « gestion immobilière » étant nommément visée | Art. 2, arrêté du 10 janvier 2017, modifié par l'arrêté du 26 janvier 2022 | Le taux affiché est un plafond : il se compare à distance, sur le site du professionnel, et il se négocie |
Sources. Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 (Légifrance) — article 1er, article 3, article 6 et article 7 · Décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 — article 30, article 32, article 64, article 65 et article 66 · Article 1993 du code civil · Cour de cassation, 1re chambre civile, 20 septembre 2017, n° 16-12.906 (nullité relative, gestion locative) · Arrêté du 10 janvier 2017 relatif à l'information des consommateurs, modifié par l'arrêté du 26 janvier 2022 · Devenir agent immobilier (entreprendre.service-public.fr). Textes consultés le 11 août 2026. Cette page est un repère pratique, à jour à cette date ; elle ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un notaire sur votre situation.
Les clauses essentielles quand on est propriétaire non-résident
Aucune des clauses qui suivent n'est imposée par la loi : ce sont précisément celles qu'un mandat type ne contient pas, et celles qui déterminent si votre gestion tiendra à distance. Un propriétaire qui habite à vingt minutes de son bien peut réparer une omission du mandat par un coup de téléphone. Depuis Singapour, Dubaï ou Montréal, une omission devient un blocage : un artisan qui attend un accord, un bail qui ne se signe pas, un impayé qui prend trois mois de retard. Voici les neuf points à faire écrire, dans l'ordre où nous les passons en revue avec nos clients.
| Clause | Ce qu'elle doit dire | Pourquoi elle compte quand on vit à l'étranger |
|---|---|---|
| Périmètre de la mission | La liste des actes confiés : mise en location, quittancement, encaissement, relances, états des lieux, entretien courant, régularisation des charges, suivi des sinistres — et ce qui en est exclu | L'article 64 du décret limite les pouvoirs à ce que le mandat écrit donne : ce qui n'y est pas ne sera pas fait, et vous ne pourrez pas le reprocher |
| Plafond de dépense sans accord préalable | Un montant en euros, par intervention, au-delà duquel votre accord écrit est requis — et le régime distinct des urgences | C'est la clause qui évite à la fois la facture surprise et l'appel à trois heures du matin sur votre fuseau horaire |
| Périodicité du compte rendu de gestion | Mensuelle ou trimestrielle, avec le détail attendu : loyers encaissés, impayés, charges, travaux, solde reversé | Le plancher de l'article 66 du décret est annuel. À distance, un compte rendu annuel signifie découvrir un problème onze mois trop tard |
| Canal et délai de validation | Le moyen retenu (courriel, espace en ligne, signature électronique) et le délai au-delà duquel le silence vaut accord, ou au contraire refus | Sans délai écrit, le décalage horaire devient un motif de retard permanent — et une source de litige |
| Pouvoir de signer et de donner congé | Signer un bail, le renouveler, délivrer congé, accepter un candidat : chaque pouvoir énuméré séparément, avec ses limites de loyer et de durée | Ce sont les actes que vous ne pourrez matériellement pas accomplir vous-même : ils doivent être délégués explicitement |
| Traitement des impayés | Le calendrier des relances, le seuil de déclenchement d'une procédure, qui saisit l'assureur, et le pouvoir d'agir en justice — qui ne se présume pas | Un impayé se traite dans les premières semaines. Un aller-retour transcontinental pour un mandat spécial coûte le trimestre |
| Assurance loyers impayés | Qui la souscrit, sur quel contrat, quel plafond d'indemnisation, quelles conditions d'éligibilité du locataire — et à quelles conditions elle se maintient | Un dossier locataire refusé par l'assureur après signature du bail vous laisse sans couverture, et vous l'apprendrez tard |
| Volet fiscal : qui produit quoi | Un compte rendu annuel directement exploitable pour votre déclaration — et la mention explicite que le gestionnaire ne déclare pas à votre place | Vos obligations déclaratives restent les vôtres. L'ambiguïté sur ce point est la première cause de retard de déclaration chez les non-résidents |
| Sortie du mandat | Durée, préavis, éventuelle indemnité de résiliation, délai de restitution des pièces du dossier, du dépôt de garantie et des fonds détenus | L'article 2004 du code civil est supplétif : c'est cette clause, pas la loi, qui fixe le coût réel de votre liberté de partir |
Ce tableau est notre grille de relecture interne, pas un modèle réglementaire : les neuf points relèvent de la liberté contractuelle. Les références citées (art. 64 et 66 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972, art. 2004 du code civil) encadrent le contexte, pas le contenu de ces clauses.
Combien coûte un mandat de gestion locative ?
Il n'existe aucun barème réglementé : les honoraires de gestion sont librement fixés, et ils sont intégralement à la charge du bailleur. Le premier alinéa du I de l'article 5 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 met la rémunération du professionnel à la « charge exclusive du bailleur ». Quatre prestations seulement peuvent être partagées avec le locataire — faire visiter, constituer le dossier, rédiger le bail, réaliser l'état des lieux — et elles le sont sous un double plafond. Tout le reste, c'est-à-dire la gestion elle-même, ne peut jamais lui être imputé.
Ce que vous pouvez en revanche vérifier à distance, c'est le barème : l'article 2 de l'arrêté du 10 janvier 2017, modifié par l'arrêté du 26 janvier 2022, vise nommément « la gestion immobilière » et impose l'affichage des prix maximums toutes taxes comprises, sur le site du professionnel, avec l'indication de qui les paie. Un écart entre le mandat qu'on vous propose et le barème publié en ligne est un point d'appui immédiat.
Nos honoraires de gestion
| Type de bien | Honoraires | Assiette |
|---|---|---|
| Bien à Paris | 5 % HT | des loyers hors charges encaissés |
| Bien hors Paris | 6 % HT | des loyers hors charges encaissés |
| Colocation | 7 % HT | des loyers hors charges encaissés |
Gestion complète incluse dans les trois cas : encaissement, quittances, relances, suivi du locataire, états des lieux, incidents techniques et compte rendu annuel exploitable pour votre déclaration. S'y ajoutent, à part, la mise en location (un mois de loyer hors charges HT en zone très tendue A bis, 75 % du loyer hors charges HT ailleurs), l'état des lieux, l'assurance loyers impayés en option (3 % du loyer annuel — sans TVA, les primes d'assurance n'y sont pas soumises) et le suivi de chantier travaux (10 % TTC du montant des travaux, hors entretien courant).
Ce qui peut être partagé avec le locataire — plafonds révisés le 1er janvier 2026
Les plafonds des honoraires de mise en location imputables au locataire ont été revalorisés de 0,87 % au 1er janvier 2026, après onze ans de gel, par l'arrêté du 17 juillet 2025 modifié par l'arrêté du 13 novembre 2025. Ils s'expriment par mètre carré de surface habitable, toutes taxes comprises.
| Zone | Visite, dossier et bail | État des lieux |
|---|---|---|
| Zone très tendue (zone A bis) | 12,10 € TTC/m² | 3,03 € TTC/m² |
| Zone tendue | 10,09 € TTC/m² | 3,03 € TTC/m² |
| Reste du territoire | 8,07 € TTC/m² | 3,03 € TTC/m² |
Deux plafonds se cumulent, et c'est le point le plus souvent manqué : la part du locataire ne peut ni excéder celle du bailleur — donc au maximum un partage à parts égales — ni excéder le plafond au mètre carré. Pour un logement de 40 m² en zone tendue, la part du locataire est donc bornée à 403,60 € toutes taxes comprises pour la visite, le dossier et le bail, plus 121,20 € pour l'état des lieux, et dans les deux cas à ce que paie le bailleur. Le quatrième alinéa du I de l'article 5 impose de reproduire ces règles et ces plafonds dans le bail, à peine de nullité.
Sources. Article 5 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 · Décret n° 2014-890 du 1er août 2014 (plafonds et zonage) · Arrêté du 17 juillet 2025 portant révision des plafonds, modifié par l'arrêté du 13 novembre 2025 · Article L410-2 du code de commerce (liberté des prix) · barème public Expat' Immo, mis à jour le 24 juin 2026, détaillé sur notre page tarification. Honoraires de gestion exprimés hors taxes, taux de TVA de 20 %. Textes consultés le 11 août 2026.
Ce que le mandat de gestion ne règle pas : votre fiscalité de non-résident
Un mandat de gestion, même complet, ne transfère aucune de vos obligations déclaratives. Votre gestionnaire vous remet un compte rendu ; c'est vous qui déclarez. Voici les six points sur lesquels les propriétaires non-résidents se trompent le plus souvent, et que nous vérifions au démarrage de chaque mandat.
Aucune retenue sur vos loyers
Aucun texte n'institue de retenue à la source sur les loyers : les articles 182 A, 182 B et 119 bis du code général des impôts visent d'autres catégories de revenus. Le gestionnaire vous reverse le loyer net de ses honoraires, sans prélèvement fiscal.
Mais des acomptes sur votre compte
Ce qu'on prend pour une retenue est en réalité l'acompte de prélèvement à la source, débité de votre compte bancaire. Le site impots.gouv.fr indique qu'il est dû dès le mois de septembre suivant votre déclaration, calculé sans les prélèvements sociaux.
Micro-foncier : ouvert aux non-résidents
Aucune condition de résidence : si vos revenus fonciers bruts n'excèdent pas 15 000 €, vous relevez du micro-foncier, avec un abattement forfaitaire de 30 % et une seule case à remplir (4BE de la déclaration 2042), sans déclaration annexe 2044.
Prélèvements sociaux : 17,2 % ou 7,5 %
Le taux de droit commun sur les revenus fonciers est de 17,2 %. Il tombe à 7,5 % si vous êtes affilié à un régime obligatoire de sécurité sociale dans l'Union européenne, l'Espace économique européen ou en Suisse — les résidents britanniques continuant d'en bénéficier. Cases 8SH et 8SI de la déclaration 2042 C.
Taux minimum, et option pour le taux moyen
L'article 197 A du code général des impôts fixe un taux minimum de 20 %, porté à 30 % au-delà de 29 579 € de revenu net imposable pour les revenus perçus en 2025. Si le taux de l'impôt français sur vos revenus mondiaux serait inférieur, vous pouvez lui substituer ce taux moyen.
Représentant fiscal : rarement obligatoire
L'article 164 D du code général des impôts ne crée pas d'obligation automatique : le service des impôts peut vous inviter à désigner un représentant, et cette faculté ne s'applique plus aux résidents de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen liés à la France par les conventions d'assistance requises. À la revente, en revanche, l'article 244 bis A a ses propres règles.
Deux pièges de procédure, enfin. Premier : le service des impôts des particuliers non-résidents gère votre impôt sur le revenu et vos prélèvements sociaux, mais pas vos impôts locaux — la taxe foncière relève du service des impôts du lieu où se trouve l'immeuble. Écrire au mauvais service coûte des mois. Second : si vous optez pour le taux moyen, vos revenus fonciers français et étrangers sont appréciés globalement pour le seuil de 15 000 € ; un expatrié qui perçoit 10 000 € de loyers en France et 8 000 € ailleurs perd le bénéfice du micro-foncier. C'est un arbitrage à faire avant de déclarer, pas après.
Sources. Revenus immobiliers d'un non-résident (impots.gouv.fr, page mise à jour le 26 février 2026) · Prélèvements sociaux des non-résidents (impots.gouv.fr, mise à jour du 19 juillet 2023) · Modalités de calcul et seuil de 29 579 € (impots.gouv.fr, mise à jour du 26 février 2026) · Article 197 A du CGI · Article 164 D du CGI · BOI-RFPI-PVINR-30-20 (représentant accrédité, 22 janvier 2025) · À qui s'adresser en tant que non-résident (impots.gouv.fr, mise à jour du 10 mars 2026). Consultés le 11 août 2026. L'exonération de contribution sociale généralisée et de contribution au remboursement de la dette sociale suppose une affiliation effective au 31 décembre de l'année de perception ; un expatrié affilié hors de cet espace — à Singapour, Dubaï ou Hong Kong — reste soumis au taux de 17,2 %. Ces éléments sont un repère, pas un conseil fiscal : faites valider votre situation par un avocat fiscaliste ou un expert-comptable.
Cinq vérifications avant de signer un mandat de gestion
Aucune ne demande de compétence juridique — seulement de savoir quoi chercher, et dans quel ordre.
L'attestation de garantie financière, et sa mention
Demandez-la, et regardez au titre de quelle activité elle est délivrée. L'article 26 du décret du 20 juillet 1972 impose un montant déterminé distinctement par activité : une garantie « transaction » ne couvre pas la gestion. Le plancher est de 110 000 € (article 30), et le 2° de l'article 3 de la loi ferme expressément à la gestion la faculté de s'en dispenser. Un gestionnaire sans garantie visant la gestion n'est pas en règle.
Le numéro d'inscription au registre des mandats
L'article 65 du décret impose de reporter ce numéro sur l'exemplaire du mandat qui vous reste. Ce n'est pas une formalité administrative : son absence rend le mandat annulable à votre seule initiative. Vérifiez aussi que la carte professionnelle mentionnée porte bien « Gestion immobilière », et non seulement « Transactions ».
Les honoraires : tous, et rien qu'eux
Le second alinéa de l'article 66 interdit au mandataire toute rémunération dont les conditions de détermination ne sont pas précisées au mandat. Faites donc lister tous les postes : gestion, mise en location, état des lieux d'entrée et de sortie, relance d'impayé, régularisation de charges, avenant, suivi de travaux. Ce qui n'est pas écrit ne sera pas dû — mais mieux vaut le savoir avant qu'après.
La périodicité réelle des comptes
Beaucoup de mandats se contentent de renvoyer au plancher légal — « au moins une fois par an » — sans s'engager davantage. À distance, c'est insuffisant. Faites inscrire la fréquence que vous voulez, le contenu du relevé et le délai de reversement des loyers sur votre compte.
La clause de sortie
L'article 2004 du code civil vous laisse révoquer quand bon vous semble, mais il est supplétif : une indemnité contractuelle de résiliation est valable, la Cour de cassation l'a admis dès 2001 à propos d'un mandat de gestion. Lisez donc la durée, le préavis, l'éventuelle indemnité, et le délai de restitution des fonds et des pièces du dossier. Et si vous n'agissez pas à titre professionnel, vérifiez que les modalités de non-reconduction figurent en clair.
Foire aux questions
Qu'est-ce qu'un mandat de gestion locative, et doit-il être écrit ?
Un mandat de gestion locative est le contrat par lequel un propriétaire confie à un professionnel l'administration de son bien loué : mise en location, encaissement des loyers et des charges, quittances, relances, états des lieux, suivi technique, régularisation des charges, compte rendu de gestion. Il est obligatoirement écrit. L'article 64 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 impose au titulaire de la carte professionnelle portant la mention « Gestion immobilière » de détenir un mandat écrit qui précise l'étendue de ses pouvoirs et qui l'autorise expressément à recevoir des sommes — loyers, charges, indemnités d'occupation, cautionnements, avances sur travaux. Sans cette autorisation écrite, le gestionnaire n'a pas qualité pour encaisser vos loyers. Depuis l'arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation du 20 septembre 2017 (n° 16-12.906), le non-respect de ce formalisme est sanctionné par une nullité relative : vous seul, le mandant, pouvez l'invoquer, et vous pouvez aussi ratifier après coup les actes de gestion accomplis sans mandat régulier.
Quelles clauses sont essentielles quand on est propriétaire non-résident ?
Quatre clauses font la différence, et aucune n'est imposée par la loi — elles se négocient. Un, le plafond de dépense en euros que le gestionnaire peut engager sans votre accord préalable : c'est la clause qui évite les allers-retours à 3 heures du matin sur votre fuseau horaire, et celle qui évite aussi la facture surprise. Deux, la périodicité réelle du compte rendu de gestion : le plancher légal est annuel (article 66 du décret du 20 juillet 1972), un rythme mensuel se demande et s'écrit. Trois, le canal et le délai de validation à distance — visio, signature électronique, délai de réponse au-delà duquel le gestionnaire peut agir seul. Quatre, l'étendue exacte du pouvoir de signer : signer un bail, délivrer un congé, engager une procédure d'impayés ne vont pas de soi et doivent être écrits un par un. S'y ajoute une clause de sortie explicite : durée, préavis, restitution des pièces, du dépôt de garantie et des fonds détenus.
À quelle fréquence le gestionnaire doit-il rendre des comptes ?
Au moins une fois par an. L'article 66 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 dispose que le mandat précise les conditions de la reddition de comptes, « qui doit intervenir au moins tous les ans ». L'article 6 de la loi Hoguet exige par ailleurs que les modalités de cette reddition de compte figurent par écrit dans le mandat, et l'article 1993 du code civil rappelle que tout mandataire est tenu de rendre compte de sa gestion et de faire raison au mandant de tout ce qu'il a reçu. Autrement dit : le rythme mensuel ou trimestriel pratiqué par la plupart des gestionnaires est un usage de marché, pas une obligation réglementaire. Si vous vivez à l'étranger, faites écrire la périodicité que vous voulez — chez nous, le compte rendu est mensuel.
Peut-on me facturer des frais qui ne figurent pas au mandat ?
Non. Le second alinéa de l'article 66 du décret du 20 juillet 1972 est l'un des textes les plus utiles et les moins connus du secteur : le mandataire « ne peut demander ni recevoir, directement ou indirectement, d'autres rémunérations, à l'occasion des opérations dont il est chargé, que celles dont les conditions de détermination sont précisées dans le mandat […] ni de personnes autres que celles qui y sont désignées ». Une ligne de facture dont la méthode de calcul n'est pas prévue au mandat n'est donc pas due. C'est la première chose à vérifier quand un relevé de gestion comporte un poste que vous ne comprenez pas.
Quelle garantie financière mon gestionnaire doit-il justifier ?
Au minimum 110 000 €, et il ne peut pas s'en dispenser. L'article 30 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 fixe le montant plancher de la garantie financière à 110 000 € ; l'article 32 le ramène à 30 000 € pour les deux premières années d'exercice, sauf si l'un des dirigeants a déjà été soumis à la loi Hoguet. Le point décisif est ailleurs : le 2° de l'article 3 de la loi du 2 janvier 1970 permet à un professionnel de se dispenser de garantie en déclarant ne détenir aucun fonds, mais il exclut expressément de cette faculté les activités de gestion immobilière et de syndic. Un gestionnaire locatif est donc toujours garanti, par construction. Et l'article 26 impose que le montant soit déterminé distinctement pour chaque activité : la garantie « transaction » d'une agence ne couvre pas sa gestion. Demandez l'attestation, et vérifiez qu'elle porte bien la mention gestion. Pour notre part, EVO IMMO SARL — la société qui exploite la marque Expat' Immo — présente une garantie financière SO.CA.F. de 380 000 € au titre de l'activité de gestion, chiffre publié sur notre page tarification.
Les honoraires de gestion peuvent-ils être facturés au locataire ?
Jamais. Le premier alinéa du I de l'article 5 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 met la rémunération du professionnel à la « charge exclusive du bailleur », à la seule exception des honoraires liés à trois prestations de mise en location — faire visiter le candidat, constituer son dossier, rédiger le bail — et de l'état des lieux. Ces quatre prestations seules peuvent être partagées, et sous un double plafond : la part du locataire ne peut ni dépasser celle du bailleur, ni dépasser un plafond au mètre carré de surface habitable. Ces plafonds ont été revalorisés le 1er janvier 2026 de 0,87 % (arrêté du 17 juillet 2025, modifié par l'arrêté du 13 novembre 2025) : 12,10 € TTC par m² en zone très tendue, 10,09 € en zone tendue, 8,07 € sur le reste du territoire, et 3,03 € pour l'état des lieux. Tout le reste — le quittancement, l'encaissement, le suivi technique, la régularisation des charges, le compte rendu — reste à 100 % à votre charge. Le quatrième alinéa précise que ces règles et ces plafonds sont reproduits dans le bail à peine de nullité.
Peut-on se rétracter d'un mandat de gestion signé à distance depuis l'étranger ?
C'est probable, mais aucune décision de la Cour de cassation ne l'a tranché pour un mandat de gestion — soyons précis là où beaucoup affirment. Le raisonnement est le suivant. Un mandat signé en visio et par signature électronique est un contrat conclu à distance au sens de l'article L221-1 du code de la consommation, et l'article L221-18 ouvre alors quatorze jours de rétractation sans motif, qui courent dès la signature pour une prestation de services. Une objection sérieuse doit être levée d'emblée : l'article L221-2, 12° du même code exclut du droit de rétractation les contrats « portant sur […] la location d'un logement à des fins résidentielles ». Le mandat de gestion n'est pourtant pas un contrat de location : c'est un contrat de prestation de services conclu avec un professionnel. Et la Cour de justice de l'Union européenne interprète strictement ces exclusions immobilières — dans son arrêt du 14 mai 2020 (affaire C-208/19), elle a jugé que le contrat par lequel un architecte s'engage à établir les plans d'une maison à construire n'est pas un contrat « portant sur la construction d'immeubles neufs ». Le raisonnement se transpose, mais aucune décision française ne l'a confirmé pour un mandat de gestion. Encore faut-il ensuite être « consommateur » : l'article liminaire du même code réserve cette qualité à la personne physique qui n'agit pas dans le cadre d'une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole. Une location nue est une activité civile de gestion de patrimoine privé — le bailleur particulier devrait donc être consommateur, et sa résidence à l'étranger n'y change rien. En location meublée, la qualification est plus discutée : elle dépend de l'ampleur réelle de l'activité, et non de son classement fiscal en bénéfices industriels et commerciaux, qui n'est pas un critère du code de la consommation. Si en revanche le mandant est une société civile immobilière, la rétractation est purement et simplement exclue : l'article liminaire réserve la qualité de consommateur aux personnes physiques, et une personne morale ne peut être que « non-professionnel », qualité qui n'ouvre pas ce droit. Deux points encore : l'article L221-3, qui étend la protection aux professionnels employant cinq salariés au plus, ne vise que les contrats conclus hors établissement et ne couvre donc pas une signature à distance ; et si le professionnel a omis de vous informer de votre droit, l'article L221-20 prolonge le délai de douze mois. Dernier angle mort, si vous résidez hors de l'Union européenne : l'application du code de la consommation français dépend de la loi du contrat. Faites-y inscrire une clause de loi française, et faites valider votre situation par un avocat avant de vous engager.
Peut-on révoquer un mandat de gestion à tout moment, et à quel prix ?
Oui sur le principe, pas toujours sans coût. L'article 2004 du code civil permet au mandant de révoquer sa procuration « quand bon lui semble », et la chambre commerciale de la Cour de cassation l'a rappelé le 4 octobre 2023 (n° 22-15.781) : un mandat peut être révoqué à tout moment, sans motif à préciser et sans préavis, l'abus supposant la preuve d'une intention de nuire ou d'une légèreté blâmable. Mais ce texte est supplétif de volonté : la première chambre civile a validé, dès le 6 mars 2001 (n° 98-20.431) et précisément à propos d'un mandat de gestion immobilière, une indemnité contractuelle de résiliation, jugée non pas clause pénale mais « prix de la faculté de résiliation unilatérale ». Conclusion pratique : lisez la clause de sortie avant de signer, c'est elle qui fixe le coût réel de votre liberté. Vérifiez aussi, si vous n'agissez pas à titre professionnel, que le mandat reproduit de manière lisible les modalités de non-reconduction imposées par le 1° de l'article 7 de la loi Hoguet : à défaut d'avoir reçu l'information, l'article L215-1 du code de la consommation vous permet de mettre fin au contrat gratuitement, à tout moment, à compter de la reconduction.
Y a-t-il une retenue à la source sur les loyers versés à un non-résident ?
Non. Aucun texte n'institue de retenue à la source sur les loyers : les mécanismes de retenue du code général des impôts visent d'autres catégories de revenus — les salaires et pensions pour l'article 182 A, les revenus non salariaux et les produits de la propriété industrielle pour l'article 182 B, les revenus de capitaux mobiliers pour l'article 119 bis. Votre gestionnaire vous reverse donc l'intégralité du loyer, net de ses honoraires. Ce qui existe, en revanche, et que l'on confond souvent avec une retenue : l'acompte de prélèvement à la source, prélevé non pas sur le loyer mais sur votre compte bancaire. Le site impots.gouv.fr indique que ces acomptes sont dus « dès le mois de septembre qui suit la souscription de votre déclaration » et qu'ils sont calculés sans les prélèvements sociaux, le prélèvement de solidarité de 7,5 % étant perçu au solde de l'imposition. Enfin, votre gestionnaire ne déclare pas vos revenus fonciers à votre place : il vous remet un compte rendu de gestion exploitable, la déclaration reste votre obligation.
Isabelle Mégnégneau est conseillère chez Expat' Immo pour l'Asie-Pacifique, le Moyen-Orient et la Suisse, spécialiste de la location meublée et de l'accompagnement des non-résidents. Basée en Thaïlande, elle est elle-même non-résidente et met en place les mandats de gestion de nos clients depuis l'autre bout du monde. En savoir plus sur l'équipe.
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