Fiscalité & Financement

LMNP : avantages et inconvénients pour un expatrié

LMNP : avantages et inconvénients pour un expatrié

Pour un expatrié qui loue en France, le LMNP est souvent le cadre le plus adapté. Au régime réel, l'amortissement du bien efface en général l'impôt sur les loyers pendant plusieurs années. En contrepartie, il demande une comptabilité, une déclaration spécifique chaque année, une taxe locale (la CFE) et, depuis 2025, il coûte plus cher à la revente.

Vous vivez à Singapour, à Dubaï ou à Genève et vous hésitez entre louer vide ou meublé. Voici ce que le LMNP apporte, ce qu'il coûte, et pourquoi nous le vérifions bien par bien. Pour les démarches pas à pas, notre page LMNP pour non-résident détaille chaque étape.

Les chiffres à connaître en septembre 2026

  • Micro-BIC, location meublée de longue durée : abattement de 50 %, dans la limite de 77 700 € de recettes pour les revenus 2025 et de 83 600 € à partir des revenus 2026.
  • Loueur professionnel (LMP) : recettes supérieures à 23 000 € par an et aux autres revenus d'activité du foyer, revenus d'activité mondiaux compris pour les non-résidents dès les revenus 2026, s'ils sont imposés dans leur pays de résidence.
  • Prélèvements sociaux d'un non-résident en meublé : 7,5 % (affiliation EEE, Suisse ou Royaume-Uni) ou 18,6 % depuis les revenus 2025.
  • Revente : amortissements réintégrés dans la plus-value pour les cessions depuis le 15/02/2025.

Sources : impots.gouv.fr (foire aux questions LMNP, mars 2026 ; page prélèvements sociaux des non-résidents, mise à jour le 17/07/2026) ; BOFiP ACTU-2025-00127 et BOI-BIC-CHAMP-40-10 du 15/04/2026 ; loi de finances pour 2025, article 84. Consultés le 28/09/2026.

Sommaire

  1. Le LMNP en quelques lignes
  2. Premier atout : l'amortissement efface souvent l'impôt
  3. Deuxième atout : un statut plus facile à garder dès 2026
  4. Les contreparties : comptabilité, déclarations et CFE
  5. Micro-BIC ou régime réel : le piège de la simplicité
  6. À la revente : les amortissements sont désormais repris
  7. Pourquoi nous vérifions bien par bien

Le LMNP en quelques lignes

LMNP signifie loueur en meublé non professionnel. Vous louez un logement équipé de tout ce qu'il faut pour y vivre : la liste minimale des meubles est fixée par un décret du 31/07/2015. Vos loyers ne sont plus des revenus fonciers, mais des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).

Aucune condition de résidence n'est exigée : un non-résident peut être LMNP. Tout commence par une inscription sur le guichet unique de l'INPI, dans les 15 jours qui suivent le début de la location, pour obtenir un numéro SIRET (impots.gouv.fr, foire aux questions LMNP, mars 2026).

Premier atout : l'amortissement efface souvent l'impôt

Au régime réel, vous déduisez vos charges réelles : intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurance, frais de gestion, honoraires du comptable. Vous amortissez aussi le bâti (hors terrain), les meubles et les travaux : vous en déduisez une fraction chaque année. Cet amortissement est une charge comptable : il ne sort pas de votre compte.

L'amortissement ne peut pas créer de déficit. La part qui dépasse le résultat n'est pas perdue : elle se reporte sur les années suivantes, sans limite de durée. Les déficits nés des charges, eux, ne s'imputent que sur vos futurs revenus de location meublée, pendant 10 ans (impots.gouv.fr, foire aux questions LMNP, mars 2026).

Exemple simplifié, avec des hypothèses à remplacer par les chiffres de votre bien : 10 000 € de loyers par an, 4 000 € de charges et 7 000 € d'amortissement disponible. Le résultat imposable tombe à zéro. Les 1 000 € d'amortissement non utilisés sont gardés pour les années suivantes.

Pour un expatrié, l'effet compte double. Pour les revenus 2025, un non-résident est imposé au taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable, et de 30 % au-delà, sauf option pour le taux moyen s'il est plus bas (impots.gouv.fr, mis à jour le 26/02/2026). Chaque euro de résultat effacé évite donc l'impôt à votre taux : 20 % au minimum, sauf si le taux moyen, plus bas, s'applique à vous.

Investissez depuis l'étranger — sans stress Nos experts gèrent tout : sourcing, travaux, mise en location.
Démarrer mon projet →

Deuxième atout : un statut plus facile à garder dès 2026

Vous devenez loueur professionnel (LMP) si deux conditions sont réunies : vos recettes de location meublée dépassent 23 000 € par an, et elles dépassent les autres revenus d'activité de votre foyer. Le LMP entraîne des cotisations sociales et le régime des plus-values professionnelles.

Jusqu'ici, pour un non-résident, la seconde condition comparait les loyers aux seuls revenus perçus en France. Un expatrié payé à l'étranger la remplissait donc presque toujours, et devenait LMP dès 23 000 € de loyers. La loi de finances pour 2026 (article 53) change la règle à partir des revenus 2026, déclarés en 2027 : vos loyers sont comparés à vos revenus d'activité mondiaux (BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40-10, 15/04/2026).

Un point à surveiller : seuls comptent les revenus effectivement soumis, dans votre pays de résidence, à un impôt équivalent à l'impôt sur le revenu. Les revenus d'activité exonérés sur place ne sont pas retenus. Si votre pays n'impose pas les salaires, la nouvelle règle peut ne rien changer pour vous : faites vérifier votre cas.

Les contreparties : comptabilité, déclarations et CFE

Une comptabilité chaque année. Au régime réel, vous tenez une comptabilité et vous télédéclarez chaque printemps une liasse fiscale : le formulaire 2031 et ses annexes 2033. Il faut pour cela un espace professionnel sur impots.gouv.fr, que vous soyez résident ou non (impots.gouv.fr, foire aux questions LMNP, mars 2026). Le résultat se reporte ensuite sur votre déclaration 2042 C PRO. Depuis l'étranger, un expert-comptable est presque indispensable ; ses honoraires sont déductibles.

La CFE. La location meublée est considérée comme une activité commerciale. Elle est donc soumise à la cotisation foncière des entreprises, même pour un loueur non professionnel, et la page officielle ne prévoit aucune exception pour les non-résidents. L'exonération joue si vos recettes ne dépassent pas 5 000 € par an (article 1647 D du CGI). Le montant dépend de la commune du bien (impots.gouv.fr, page mise à jour le 08/07/2026).

Les prélèvements sociaux. Si vous êtes affilié à la sécurité sociale d'un pays de l'Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni, et pas à la sécurité sociale française, vous payez 7,5 %. Sinon, le taux est de 18,6 % en location meublée depuis l'imposition des revenus 2025, contre 17,2 % en location nue (impots.gouv.fr, page mise à jour le 17/07/2026). Ils portent sur le résultat, souvent nul les premières années.

Micro-BIC ou régime réel : le piège de la simplicité

Au micro-BIC, le régime par défaut, l'administration applique un abattement forfaitaire à vos recettes. Pour une location meublée de longue durée, l'abattement est de 50 %, dans la limite de 77 700 € de recettes pour les revenus 2025, et de 83 600 € à partir des revenus 2026. Pour un meublé de tourisme non classé, le seuil tombe à 15 000 € et l'abattement à 30 % (impots.gouv.fr, foire aux questions LMNP, mars 2026 ; BOFiP ACTU-2025-00127).

Le micro-BIC ne permet ni de déduire les charges réelles, ni d'amortir. Reprenons l'exemple : sur 10 000 € de loyers, 5 000 € restent imposables au micro-BIC, soit 1 000 € d'impôt au taux minimum de 20 % (moins si le taux moyen s'applique), avant prélèvements sociaux. Au réel, le résultat était nul.

Dès qu'un bien est financé à crédit ou rénové, le réel l'emporte presque toujours. Le micro-BIC garde un intérêt pour un bien acheté comptant, avec peu de charges.

À la revente : les amortissements sont désormais repris

La vente d'un bien loué en LMNP suit le régime des plus-values des particuliers, avec des abattements selon la durée de détention. C'est un avantage par rapport au régime professionnel du LMP. Mais pour les cessions réalisées depuis le 15/02/2025, les amortissements déduits pendant la location sont retirés du prix d'achat pour calculer la plus-value (article 84 de la loi de finances pour 2025). Plus vous avez amorti, plus la plus-value imposable est élevée. Le texte prévoit des exceptions, notamment pour certaines résidences de services pour étudiants ou personnes âgées.

Une partie de l'impôt économisé pendant la location est donc rendue à la sortie. L'avantage reste réel sur une longue détention, mais un bien revendu vite en perd une partie. C'est pourquoi nous calculons la rentabilité jusqu'à la revente. Notre méthode de calcul de la rentabilité locative détaille ce point.

Pourquoi nous vérifions bien par bien

Pour un expatrié, le LMNP est souvent le cadre adapté. Souvent, pas toujours. Il convient à un bien financé à crédit, rénové, gardé longtemps ; moins à un bien acheté comptant ou revendu vite.

Le meublé demande enfin plus de gestion : un inventaire à chaque entrée, du mobilier à entretenir, des locataires qui changent plus souvent. Chaque point de rendement a un prix, en risque et en énergie. Notre équipe de gestion locative prend cette part en charge, et son coût entre dans le calcul dès le départ.

Avant de choisir, comparez les deux régimes sur les chiffres de votre bien avec notre simulateur de rentabilité locative. Ces règles changent presque chaque année : faites valider votre situation par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste avant de décider.

Vos questions, nos réponses

Un non-résident peut-il louer en LMNP ?

Oui. Le statut LMNP n'exige aucune résidence fiscale en France. Vos loyers sont imposés en France, où se trouve le bien.

Micro-BIC ou régime réel : lequel choisir quand on vit à l'étranger ?

Le régime réel est presque toujours plus avantageux pour un bien financé à crédit ou rénové, parce qu'il permet de déduire les charges et d'amortir le bien. Le micro-BIC, avec son abattement de 50 % pour une location de longue durée, convient surtout à un bien acheté comptant avec peu de charges.

Un loueur en meublé non résident paie-t-il la CFE ?

Oui, en principe. La location meublée est une activité commerciale soumise à la cotisation foncière des entreprises, et le fait de vivre à l'étranger n'y change rien. Vous en êtes exonéré si vos recettes ne dépassent pas 5 000 € par an. Le montant dépend de la commune du bien.

Les amortissements LMNP sont-ils repris à la revente ?

Oui, pour les ventes réalisées depuis le 15/02/2025. Les amortissements déduits sont retirés du prix d'achat, ce qui augmente la plus-value imposable, sauf exceptions prévues par la loi de finances pour 2025.

Échanger 30 minutes avec Antoine (Europe, Amérique du Nord) ou Isabelle (Asie-Pacifique) sur votre projet.

Prendre rendez-vous

À lire aussi